Axe 1 - Gouvernements, administrations et politiques publiques (Dir. Jean- Michel Eymeri-Douzans)

Les recherches conduites au sein de l’axe 1 s’inscrivent dans la perspective de l’étude d’institutions gouvernantes en perpétuelle recomposition, au nombre desquelles l’Etat mais également, d’évidence, les divers « niveaux de gouvernement » (layers of government), pris dans des configurations et « jeux d’échelles » qui vont du local en passant par le régional et le stato-national jusqu’à l’UE.

Ce questionnement rassemble au sein de l’Axe 1, politistes soucieux de l’importance des phénomènes institutionnels et juristes inscrits dans la filiation de Maurice Hauriou qui considèrent que l’institution est bien plus qu’un organigramme fonctionnel assis sur un corpus de règles, les institutions sont appréhendées dans toutes leurs composantes : principes supérieurs de légitimation (autour des notions de puissance publique et de service public travaillées par les collègues juristes du laboratoire mais aussi des nouvelles légitimations procédurales), substrat humain des institutions publiques (avec la sociologie de l’emploi public, et de ses évolutions en matière de recrutements et de gestion des carrières), ou encore étude des formes et effets différenciés de pays à pays et de secteur à secteur des programmes de réformes d’inspiration néo-managérialistes.

PR "Gouvernements et administrations comparées en Europe"

Le premier programme de recherches de l’axe 1 (Gouvernements et administrations comparées en Europe) s’inscrit dans une perspective d’ouverture interculturelle et de comparatisme essentiellement (mais non exclusivement) européen. Il questionne les transformations et recompositions contemporaines des institutions et des processus de gouvernement, en conservant en ligne de mire la question délicate des dynamiques de convergences partielle et/mais de différenciation maintenue, voire renouvelée, entre Etats-nations, dans le cadre de la globalisation/européanisation. Faisant jouer la comparaison tant entre pays qu’entre « niveaux de gouvernement » ou secteurs d’action publique au sein d’un même pays, l’on entend continuer d’explorer, en dialogue constant avec les chercheurs d’autres universités européennes intéressés à ces questions, les diverses dimensions de ce champ de recherches : la sociologie des agents publics ; le questionnement sur les cultures institutionnelles ; l’étude détaillée de l’articulation entre logiques politiques et logiques administratives dans les interactions gouvernantes, qui demeure demain comme hier un questionnement central : gouvernants politiques et « fonctionnaires gouvernants » sont porteurs de logiques ordinaires d’action distinctes, entretenues symboliquement comme telles, et cependant conjointes en pratique plus qu’il y paraît ; la mise en critique, circonstanciée et nuancée, des effets de la diffusion généralisée des préceptes et recettes du « New Public Management » : le néo-managérialisme a partout transformé les administrations en objets à réformer, mais n’a frappé la France qu’avec un considérable effet-retard, aujourd’hui comblé par les puissants effets redoublés de la LOLF, de la RGPP, de la RéATE, de la MAP, de la réforme territoriale, etc. C’est donc bien au total à une analyse sur les transformations contemporaines de l’Etat comme appareil de domination, légitimé et à (re)légitimer, pris dans des chaînes d’interaction de plus en plus complexes que les chercheurs de ce programme entendent, modestement et aux côté d’autres, contribuer.

PR "Action publique, interactions gouvernantes et institutions"

Ce programme rassemble juristes administrativistes et politistes autour des mutations de l’action publique territorialisée.

Partant d’une approche critique de la notion de gouvernance territoriale, objet d’un livre éponyme réédité en 2013, il s’est notamment agi d’étudier les dispositifs de prescription et d’encadrement de l’action publique (chartes, protocoles, certifications, tableaux de bord, etc.) qui sont censés la rationaliser et lui conférer une réelle efficacité, ainsi que les phénomènes de réception et d’appropriation que suscitent les normes européennes chez ceux qui en sont les destinataires.

Ces divers questionnements ont été ainsi appliqués à des configurations sectorielles variées, selon des démarches souvent comparées, comme les politiques éducatives locales (thèses de L. Medir-Tejado et de T. Tonnisman), les politiques d’aménagement durable (thèse de L. Parvu), les politiques sociales (thèse de C. Delgadillo), les formes de gouvernement des territoires durables (thèse de C. Danjoie) ou bien l’agencification des politiques de santé (thèse de R. Iulescu-Lestrade).